Le 24 janvier dernier s’est ouvert à Caracas le VIè Forum social mondial 2006, avec une « Marche contre l’impérialisme et la guerre » qui se transforma en promenade pour la paix. Les drapeaux de nombreux pays flottaient au vent et tous proclamaient le même rêve, la même aspiration : « la paix entre les nations ».
Des délégations diverses ont rempli les rues de Caracas de joie et d’espoir, avec leurs consignes, leurs hymnes et leurs langues variées. Quant à la CLAT, avec sa consigne « Justice sociale – Intégration latino-américaine-caribéenne – dans l’union, tout est possible », elle était représentée par son président Julio Roberto Gómez, son Secrétaire général Eduardo García, son trésorier Eduardo Gauterio Gallo Tesorero, ses secrétaires généraux adjoints Jaime Manzo, Oswaldo Herbach et Anselmo Pontílius, ainsi que par des délégués et déléguées de ses organisations affiliées du Venezuela, du Brésil, de la Colombie, du Chili, du Panama, de Costa Rica, du Guatemala, du Mexique, d’Aruba, de la République Dominicaine, de Haïti, de Porto Rico, du Belize et de Cuba.
La Caraïbe était quant à elle représentée par le président du CTC, Gabriel del Río, les vice-présidents Humphrey Mongen, Carlos Osorio et Paul Loulou, la Trésorière Altagracia Jiménez, ainsi que par Violeta Luna, responsable de l’intégration dans la Caraïbe, le directeur de l’INFOSCAR Juan A. Francés, par la FEEMTA Kenneth Valpoort, Antonio González du CWU de Belize, George Fortuné de la CTH d’Haïti, et Pedro Pérez Castro de la STC de Cuba.
Assistaient également à la manifestation des représentants de la Confédération mondiale du travail : Manuel Zaguirre, Vice-président, et Eduardo Estévez, Secrétaire général adjoint.
Le VIè Forum social mondial, dans son édition 2006, se tenait cette fois de manière décentralisée et à des dates différentes : à Caracas (Venezuela), à Bamako (Mali) et à Karachi (Pakistan). Comme à d’autres occasion, les mouvements sociaux se sont donné rendez-vous pour débattre, proposer, chercher des consensus, établir des stratégies et un calendrier de luttes et d’actions communes autour de thèmes divers, comme la présence militaire étasunienne sur le continent et dans le monde, la ZLEA et les traités de « libre-échange », les impact du modèle néolibéral et les stratégies de lutte pour la réforme agraire, les droits de la communication, le problème du terrorisme, les peuples indigènes, les territoires et autonomies, les diversités, etc.
Réunion du Conseil de travailleurs de la Caraïbe
Du 23 au 27 janvier derniers s’est tenue à l’UTAL la réunion du Conseil de travailleurs de la Caraïbe (CTC) dans le cadre des activités du Forum social mondial et du Forum syndical des Amériques.
Étaient présents à la réunion les camarades Eduardo García, Secrétaire général de la CLAT, Anselmo Pontílus, Secrétaire général adjoint de la CLAT, ainsi que des dirigeants des organisations syndicales affiliées dans les pays suivants : Aruba, Belize, Curaçao, Cuba, Haïti, Porto Rico et République Dominicaine. La réunion était dirigée par Gabriel del Río Doñé, président du CTC.
À la séance d’ouverture étaient également présents les camarades Luis Eduardo Gautério Gallo, Trésorier CLAT, Jaime Manzo et Osvaldo Herbach, Secrétaires généraux adjoints de la CLAT, ainsi qu’Efrén Delgado, directeur de l’UTAL.
Pendant la réunion, les participants ont analysé les problèmes fondamentaux des pays de la région et de leurs organisations. Une séance d’information fut aussi organisée, sur le 26e Congrès de la CMT, les décisions prises et les conclusions. Une discussion porta également sur l’actuel processus d’unité syndical à l’échelle mondiale et dans le continent. Les lignes fondamentales de travail du CTC de cette année ont été présentées, ainsi que le budget. Enfin, les délégués ont analysé le travail et les activités de l’INFOSCAR pour 2006.
Les syndicalistes caribéens se sont distingués dans leur participation aux activités du Forum syndical des Amériques, et dans d’autres manifestations du Forum social mondial de Caracas.
En février dernier, le peuple haïtien est allé voter en masse et a élu René Préval à la présidence du pays, par une majorité de plus de 65% des votes émis.
La plupart des observateurs internationaux ont qualifié la journée électorale de réussite.
Le Secrétaire exécutif de la CLAT a envoyé ses félicitations aux travailleurs et au peuple d’Haïti, pour l’exemple de civisme montré en revendiquant son droit à élire démocratiquement ses gouvernants. Dans son message, la CLAT exprimait ceci : « Nous exprimons notre reconnaissance des résultats électoraux et félicitons René Préval de son élection par une large majorité populaire à la Présidence de la République d’Haïti. Nous le saluons et lui réitérons toute notre solidarité avec les travailleurs, le peuple et les gouvernants d’Haïti élus démocratiquement. »
Et de conclure : « La CLAT lance un appel à toutes les organisations syndicales d’Amérique latine et de la Caraïbe, des Amériques et du monde, à soutenir le nouveau gouvernement haïtien et à promouvoir l’unité d’action solidaire avec les travailleurs et les organisations d’Haïti. »
Un nouveau président en Bolivie
À la suite de la journée électorale en Bolivie où le camarade Evo Morales a été élu président de la République, la CLAT a publié un communiqué par lequel elle envoie ses salutations fraternelles, ses félicitations et sa reconnaissance au nouveau président pour son élection démocratique. Ainsi, la CLAT affirme : « Vous êtes un homme issu des racines autochtones de votre Peuple et de votre Nation. Vous êtes un dirigeant des luttes populaires, capable de renouveler les espérances de votre peuple et dans toute l’Amérique latine et la Caraïbe. » Plus loin, la CLAT ajoute : « Convaincus de la nécessité d’une participation active des travailleurs organisés dans tout processus de transformation, nous ratifions notre engagement et notre solidarité permanente avec les luttes de la COB, au travers de notre organisation affiliée, le Courant de Rénovation et de Solidarité du Travail (CRISOL). Nous ratifions aussi notre soutien à la grande aspiration de la Bolivie d’obtenir une sortir sur la mer grâce à l’intégration latino-américaine ».
En réponse à cette communication, la CLAT a été invitée à la cérémonie de transmission de pouvoir qui a eu lieu le 22 janvier dernier. Le camarade Julio Roberto Gómez Esguerra, président de la CLAT, représenta la CLAT à cette cérémonie.
Marche des travailleurs dominicains pour le lancement de l’Assurance familiale de santé
Le 4 mars dernier, des milliers de travailleurs dominicains affiliés à la Confédération autonome syndicale classiste (CASC) ont marché avec quelque 40 organisations dans les rues de Saint-Domingue pour exiger le lancement de l’Assurance familiale de santé. Les syndicalistes ont dénoncé le désordre qui règne dans le secteur et le refus des responsables de démarrer définitivement le système en raison des énormes bénéfices que celui-ci génère. À la fin de la manifestation, sur le Parc Independencia de Saint-Domingue, le Secrétaire général de la CASC, Gabriel del Río, a manifesté ce qui suit : « Actuellement, la principale revendication de la classe travailleuse de notre pays est que le système d’assurance familiale de santé soit effectivement mis en œuvre, pour que les familles reçoivent bel et bien un service, mais nous réclamons aussi une véritable politique d’emploi! » Le dirigeant de la CASC a également exigé une hausse générale des salaires « pour tous les travailleurs et travailleuses, et de la campagne et de la ville, sans discrimination, et donc y compris les policiers et militaires, les travailleurs du public et du privé, car tous ont droit à la dignité devant leur permettre d’améliorer leurs conditions de vie et de travail ».
Nouvelles affiliations à la CASC de République Dominicaine
Le Conseil national de petits et moyens producteurs et propriétaires, réuni en Congrès, a décidé de demander son affiliation à la Confédération autonome syndicale classiste (CASC). Il s’agit de l’organisation représentant les petits propriétaires terriens inscrits aux programmes de la réforme agraire et qui compte plus de 20 000 membres, notamment des producteurs de riz, mais aussi de petites entreprises de traitement.
De son côté, lors de son Assemblée générale, l’Association dominicaine de journalistes et écrivains (ADPE) a elle aussi décidé de s’affilier à la Confédération autonome syndicale classiste (CASC) au plan national, et au plan continental à la Fédération latino-américaine de travailleurs de communications sociales (FELATRACS), membre de la Centrale latino-américaine de travailleurs (CLAT).
Séminaire sur l’intégration à Porto Rico
En février dernier s’est tenu à San Juan le séminaire sur l’intégration, sous les auspices du Programme de la Communauté de Madrid. Les participants ont analysé les différents traités commerciaux en vigueur dans la région et leurs impacts sur les travailleurs portoricains.
Une nouvelle rencontre aura lieu en avril, qui se penchera sur le modèle de développement impulsé par la CLAT face aux traités de libre-échange : la Communauté latino-américaine et caribéenne de nations.
Séminaire à Saint-Martin
Des dirigeants des organisations FTA (Aruba), CGTC (Curaçao), ATS/GWTU (Trinidad), ATLU (Antigua), NWU (Ste. Lucie), NWM (St. Vincent), CWU (Belize) et WIFOL (St. Martin) se sont réunis du 30 mars au 1er avril à Saint-Martin, lors du Séminaire sur la Communauté latino-américaine et caribéenne de nations, modèle de développement proposé pour la Caraïbe et l’Amérique latine.
Ce séminaire fait partie de la programmation des formations de l’INFOSCAR, qui s’adresse aux cadres des organisations de la Caraïbe.
Programme de formation pour cadres stratégiques CLAT
Dans le cadre de sa politique de formation (issue du 12e Congrès), la CLAT a défini comme priorité la réalisation de programmes de formation pour cadres stratégiques, en étai du développement des organisations affiliées. Ainsi, à l’Université de travailleurs d’Amérique latine « Emilio Máspro » (UTAL), du 19 au 25 mars 2006 s’est tenu un séminaire-atelier « Induction et promotion des programmes de formation pour cadres stratégiques CLAT ».
À cette occasion ont participé : les directeurs des quatre instituts sous-régionaux de formation, les responsables de l’instance de formation de chaque organisation affiliée, l’équipe UTAL (unités de formation et de recherches), ainsi que des représentants d’autres instances CLAT. Les objectifs étaient : actualiser l’information sur les défis posés à la CLAT; connaître et assumer l’information sur le profil des programmes; mettre en commun les conditions actuelles des organes de formation, afin d’en assurer l’opérativité et de complémenter la planification de leurs activités pour une meilleure exécution.
Pour la zone Caraïbe, les participants étaient : Juan A. Francés, Directeur de l’INFOSCAR; Esperidón Villa, Directeur de l’Institut de formation agraire et syndicale (INFAS) de République Dominicaine, et Sandra Santana, Directrice de l’Institut portoricain d’études sociales.
En grève de la faim jusqu’à l’obtention d’un libre accès à Internet
Depuis le 31 janvier de cette année, Guillermo Fariñas —journaliste indépendant cubain, opposant et coordinateur du Parti libéral cubain de la province de Villa Clara, directeur de l’agence de presse indépendante « Cubanacán Press »— s’est déclaré en grève totale de la faim, pour exiger aux autorités cubaine le libre accès à Internet. En effet, l’accès à Internet n’est autorisé que pour certains fonctionnaires politiques et gouvernementaux et est sévèrement restreint pour le reste de la population.
Le journaliste Guillermo Fariñas est actuellement interné à l’hôpital Arnaldo Milián de Villa Clara, en thérapie intensive. Sa santé s’est tellement dégradée que sa famille craint le pire, d’autant plus qu’il a refusé à maintes reprises d’être alimenté et hydraté, même par voie intraveineuse le cas échéant. Il y a quelques jours, Fariñas a manifesté être prêt à mourir si nécessaire, pour que le peuple cubain puisse enfin avoir libre accès à Internet.
Le gouvernement cubain a fait la sourde oreille aux demandes formulées par différents organismes internationaux et de défense des droits humains pour que cette situation dramatique soit résolue.
Cuba : liberté pour les syndicalistes indépendants!
En mars 2003, le gouvernement cubain a lancé une vague de répression qui a mis sous les verrous 75 opposants démocratiques, dont 9 syndicalistes du Conseil unitaire de travailleurs cubains (CUTC), organisation syndicale affiliée à la CLAT et à la CMT. Après des procès sommaires d’une semaine à peine, ces syndicalistes ont été condamnés, accusés d’avoir commis des « actes contre l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’État ». En réalité, ils n’ont fait qu’œuvrer pour un syndicalisme indépendant, pour les droits des travailleurs et pour un processus pacifique de changement démocratique à Cuba. Ces syndicalistes sont : le Secrétaire général du CUTC, Pedro Pablo Álvarez Ramos, ainsi que Alfredo Felipe Fuentes, Víctor Rolando Arroyo, Horacio Julio Piña Borrego, Luis Milán Fernández, Adolfo Fernández Saínz, Blas Giraldo Reyes Rodríguez, Carmelo Díaz Fernández et Oscar Espinoza Chepe.
Activités prévues pour le mois d’avril 2006
Séminaire de formation pour cadres de la Confédération de travailleurs haïtiens, du 3 au 5 avril, à Port-au-Prince, Haïti.
Rencontre de la femme travailleuse haïtienne, les 5 et 6 avril, à Port-au-Prince, Haïti
Célébrations du 70e anniversaire de ABVO, Congrès statutaire, du 19 au 23 avril, à Curaçao.
Conférence latino-américaine « La Communauté latino-américaine et caribéenne de nations, un modèle alternatif de développement face à la ZLEA et les TLE », du 24 au 29 avril, à l’UTAL, Venezuela
Séminaire latino-américain et caribéen de travailleurs du transport de marchandises, organisé par la Fédération nationale du transport dominicain (FENATRADO), du 25 au 30 avril, à Saint-Domingue, République Dominicaine.
Quelques statistiques sur les travailleurs migrants
Selon le BIT, quelque 175 millions de personnes vivaient hors de leur pays d’origine ou de citoyenneté en 2000. Ce chiffre inclut les travailleurs migrants, les immigrés permanents, ainsi que les réfugiés et leur famille. Sur ces 175 millions de personnes, 86 millions environ sont des travailleurs migrants ou immigrés économiquement actifs, y compris des réfugiés. La distribution géographique de ces migrants est la suivante : Afrique : 7,1 millions; Asie et Moyen-Orient : 25 millions; Europe et Russie; 28,5 millions; Amérique latine et Caraïbe : 2,5 millions; Amérique du Nord : 20,5 millions; Océanie : 2,9 millions. Les femmes représentent actuellement 49% de la population migrante du monde entier. En Asie, Europe, Amérique latine, Amérique du Nord et Océanie, leur proportion a déjà dépassé le seuil de 50%. De plus, les 100 milliards de dollars que les travailleurs migrants envoient chaque année à leur pays d’origine représentent un montant supérieur à l’ensemble des budgets d’aide internationale au développement. Sur le plan du commerce international, ce montant représente également le second en importance, après celui des exportations de pétrole.
Pour les pays en développement, la « fuite de cerveaux » entraîne une perte de 10% à 30% de leur main-d’œuvre qualifiée et professionnelle. Diverses études menées par le BIT dans les pays occidentaux industrialisés ont révélé que plus d’un travailleur migrant qualifié sur trois ayant postulé à un emploi vacant a été écarté arbitrairement pendant le processus de sélection précédent l’embauche. Ce qui représente un taux de discrimination d’environ 35%.
Pour plus d’informations en espagnol, anglais ou français sur cette publication ou sur le
CONSEIL DE TRAVAILLEURS DE LA CARAÏBE (CTC),
Visitez la page web : http://www.acmoti.org ou contactez-nous à l’adresse : carisform@hotmail.com