INFOR CARAÏBE

Bulletin d’informations du Conseil de Travailleurs de la Caraïbe CTC

Publié en espagnol, anglais et français.

Année 1 Nº. 1

Éditeur responsable : Bureau CTC

Mai – juin 2003

Directeur exécutif : Juan A. Francés

CLAT - CMT

Chers camarades!

Avant tout, recevez nos salutations solidaires, avec ce premier numéro d’un bulletin qui sera publié désormais tous les deux mois.

Nous voulons faire de cet INFOR CARAÏBE un moyen d’information pour la divulgation des problèmes, des luttes, des revendications et des conquêtes des travailleurs et de leurs organisations.

Mais pour ce faire, vous devez nous envoyer les informations pertinentes concernant les principaux enjeux que confrontent les travailleurs de votre secteur, organisation et pays. Il s’agit ici de faire en sorte de maintenir tout le monde informé et de partager, de manière militante et solidaire, les luttes et victoires de notre Mouvement.

Nous restons aussi à l’écoute de vos commentaires, opinions et suggestions, afin d’améliorer sans cesse la qualité de ce Bulletin.

N’hésitez pas à le divulguer autour de vous, auprès de vos instances dirigeantes, vos cadres, les militants et les membres de votre organisation.

De même, faites nous également parvenir les adresses électroniques ou postales des personnalités ou institutions de votre pays dont vous jugerez bon qu’elles reçoivent ce Bulletin.

La direction du CTC et de l’INFOSCAR vous souhaite le meilleur des succès dans votre travail et vous transmet toute sa solidarité. n

Le CTC réuni à Saint-Domingue

Du 23 au 27 avril derniers s’est tenue la réunion de la direction du Conseil de travailleurs de la Caraïbe, en la ville de Saint-Domingue, République dominicaine, avec la participation de quinze dirigeants de travailleurs des pays de la région, toutes expressions linguistiques confondues.

Pendant les travaux, les participants se sont penchés sur les principaux problèmes des pays de la région et de leurs travailleurs, à savoir : hausse des niveaux de pauvreté, chômage et faibles revenus, prolifération du travail des enfants, discrimination de la femme sur le lieu du travail, migrations et exploitation des travailleurs migrants, etc. Les problèmes internes des organisations ont également été passés en revue et les activités menées en 2002 ont été évaluées. La direction du CTC a été restructurée de la manière suivante :

Gabriel del Río (CASC/Rép. Dominicaine)           Président

Roland Ignacio (CGTC/Curaçao)                          Secrétaire général

Teophilus Thompson (WIFOL/St. Matin)              Secrétaire général Adjoint

Julio C. García (CGT/Rép. Dominicaine)              Vice-président Caraïbe hispanophone

Noel Jackson (NWM/St. Vincent)                          Vice-président Caraïbe anglophone

Jean Claude Lebrun (CTH/Haïti)                           Vice-président Caraïbe francophone

Humphrey Mongen  (FLACTUR/Curaçao)            Vice-président Caraïbe néerlandophone

Altagracia Jiménez (CASC/Rép. Dominicaine)    Trésorière.

Le CTC a aussi ratifié la désignation de Juan A. Francés (STC/Cuba) au poste de Directeur de l’INFOSCAR, approuvée par le Comité exécutif de la CLAT.

Le Conseil a décidé, pour cette année, de mener des campagnes pour l’élimination de la dette extérieure, pour l’aide aux pays les plus pauvres de la région et, enfin, pour l’éradication du travail des enfants. Des séminaires de formation seront organisés : pour les cadres haïtiens, pour la Caraïbe anglophone, pour les pays néerlandophones et pour les organisations hispanophones. L’objectif de ces séminaires est de renforcer les organisations et promouvoir des stratégies favorisant le processus d’intégration de la région. De plus, une réunion extraordinaire et élargie du Comité exécutif du CTC a été programmée pour le mois d’octobre prochain, afin d’évaluer le travail et de définir les nouvelles stratégies et activités à mener.

Au cours de la réunion, le camarade Paul Tennassee (Guyanais, représentant de la CMT et du CTC à Washington) a dicté une conférence dans laquelle il a présenté son travail auprès des organismes internationaux siégeant à Washington. Quant au camarade José Gómez Cerda (Dominicain, Secrétaire général de la FEMTAA et représentant du CTC en Europe), il a offert une présentation des organisations européennes ayant des accords de collaboration avec la Caraïbe.

Finalement, le Conseil de travailleurs de la Caraïbe a approuvé une Résolution contre la répression menée par le gouvernement cubain qui a incarcéré et condamné à des peines de 26, 25, 20 et 15 ans de prison, des dirigeants syndicaux du Conseil unitaire de travailleurs cubains (CUTC), qui ne faisaient qu’exercer un syndicalisme indépendant. n

Text Box: Activités du CTC prévues pour juin et juillet :
ü  Réunion entre la direction ATS/GWU (Trinidad), la CLAT et le CTC, 22- 24 juin, UTAL, Venezuela. 
ü  IIè Rencontre des travailleuses de la Caraïbe : impacts de la migration des femmes dans la Caraïbe, 25 - 29 juin, INFAS, Rép. Dominicaine.
ü  Séminaire de formation des Cadres de la CTH,  13 - 20 juillet, INFAS, Rép. Dominicaine.
ü  Séminaire de formation de cadres d’organisations de la Caraïbe anglophone, juillet, Trinidad. n
 
Text Box: Activités de l’UTAL prévues pour juin et juillet :
 
ü      Programme IPEC-CLAT Sensibilisation à l’éradication du travail des enfants, 1 – 7 juin, UTAL.
ü      Séminaire–Congrès FETRALCOS, 6 – 12 juin, Curaçao.
ü      Programme 12e Congrès CLAT : relance productive, distribution sociale et démocratie politique. Travailleurs et PME, 13 – 19 juin, UTAL.
ü      Programme de formation de cadres de direction globale, 13 – 26 juillet, UTAL. n

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

Comment nous contacter?

Il vous suffit de nous envoyer un courriel à l’une des adresses suivantes :

ctccaribe@yahoo.es

carisform@hotmail.com

Si vous désirez contacter personnellement un des dirigeants du CTC, écrivez-nous, nous vous communiquerons les adresses pertinentes.

Vous pouvez toujours consulter la page Web de l’Action du Mouvement de travailleurs (http://www.acmoti.org), vous y accéderez à la page du CONSEIL DE TRAVAILLEURS DE LA CARAÏBE et obtiendrez plus d’information en espagnol, en anglais ou en français.n

 

                   La formation de nos cadres à l’INFOSCAR

 

LE MOUVEMENT SYNDICAL INTERNATIONAL

Les trois organisations mondiales

Par : Eduardo García Moure

Secrétaire général CLAT

LA FÉDÉRATION SYNDICALE MONDIALE, FSM

Elle naît comme une internationale unitaire et pluraliste de syndicats des pays alliés pendant la seconde guerre mondiale. Puis elle devient une internationale communiste pro-soviétique dans le cadre de la Guerre froide.

A l’initiative, essentiellement, des syndicats anglais et russes, un nouveau regroupement syndical international a lieu en 1945, à la fin de la seconde guerre mondiale. Presque tous les grands syndicats s’y affilient. Par contre, l’American Federation of Labor (AFL) des États-Unis, refuse de s’affilier à une organisation incluant des syndicats dépendant de l’État (soviétiques). Quant à la Confédération internationale de syndicats chrétiens (CISC), elle n’entre pas non plus dans la nouvelle internationale, car on lui exigeait de se dissoudre et elle ne voulait pas perdre son identité. Les grands thèmes de cette internationale furent : la lutte contre l’impérialisme, les droits économiques et sociaux des travailleurs, ainsi que l’implantation du système communiste dans les pays et à l’échelle mondiale.

La FSM est née dans ce climat de l’après-guerre, d’entente entre les pays qui s’étaient alliés quatre années durant dans la lutte contre l’Allemagne nazie. C’était encore la lune de miel entre Washington et Moscou. Plus tard, une division a lieu, qui donne naissance à la Confédération internationale de syndicats libres (CISL). La FSM-Amérique est la régionale latino-américaine, dont le siège est à La Havane, Cuba.

 

LA CONFÉDÉRATION INTERNATIONALE DE SYNDICATS LIBRES, CISL

1949 marque le début de la Guerre froide. Dans la foulée, c’est la séparation des syndicats sociaux-démocrates d’Europe, d’Amérique latine et des syndicats des États-Unis et du Canada.

La CISL est fondée après la division du Congress of Industrial Organizations (CIO) des États-Unis et du Trade Union Council (TUC) de Grande Bretagne, et d’autres organisations de la Fédération syndicale mondiale. Les arguments justifiant cette séparation furent :

a) L’application du Plan Marshall en Europe (les syndicats soviétiques s’opposaient au Plan Marshall, alors que ceux des pays démocratiques le soutenaient).

b)   La défense de l’autonomie des syndicats vis-à-vis de l’État.

c)      L’autonomie des internationales professionnelles.

Mais le fait qui accéléra la division fut le début de la Guerre froide entre Washington et Moscou.

On peut affirmer que c’est à partir de cette date que la CISL adopte une position franchement anti-communiste, essentiellement sous l’influence des deux organisations américaines, l’AFL et la CIO, lesquelles se réunifient en 1955 et font tout le nécessaire pour défendre la politique étrangère des États-Unis.

Le bras américain de la CISL est l’ORIT : Organisation régionale intera-méricaine de travailleurs, fondée en 1951. Jusqu’en 1994, son siège se trouvait à Mexico; il se trouve à Caracas depuis lors.

LA CONFÉDÉRATION MONDIALE DU TRAVAIL, CMT

Il s’agit de l’internationale syndicale la plus ancienne, créée sous le nom de CISC.

En 1919, à La Haye, Pays-Bas, les syndicats chrétiens de certains pays d’Europe occidentale (dont la Belgique, l’Allemagne, la France, l’Autriche, l’Italie, la Yougoslavie, les Pays-Bas, la Tchécoslovaquie, entre autres) fondent la Confédération internationale de syndicats chrétiens (CISC). Cette décision est l’aboutissement de contacts que ces organisations entretenaient depuis 1908. La CISC était une organisation exclusivement d’Europe occidentale, s’inspirant des encycliques sociales successives de l’Église, ainsi que de la pensée humaniste chrétienne. Elle se disait hostile à l’étatisation générale des entreprises et estimait que l’économie doit se développer afin de soutenir le bien-être et l’épanouissement de la personne humaine et de la société.

Pendant la seconde guerre mondiale, la CISC fut persécutée, réprimée et presque éliminée des pays occupés par le fascisme, le nazisme et le stalinisme. Après la guerre, la CISC reprend ses activités et fait rapidement fait sauter sa caractéristique « Europe occidentale » pour s’implanter, lentement mais sûrement, dans des dizaines de pays en développement d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique. Elle devint ainsi la CMT. Actuellement, elle possède 115 organisations membres dans 108 pays du monde.

De la CISC à la CMT

En 1968, au Congrès de Luxembourg, la Confédération internationale de syndicats chrétiens (CISC) se trans-forme en la Confédération mondiale du travail (CMT). Toutefois, elle reste fidèle à ses principes, ses valeurs et objectifs humanistes, à savoir : lutter pour le travailleur en tant qu’être humain intégral et transcendantal, pour la liberté syndicale, la liberté d’organisation et pour améliorer les conditions de vie et de travail de tous les travailleurs; pour la démocratie intégrale (politique, économique et so-ciale); pour l’économie productive et la justice sociale, en insistant tout particulièrement sur la dignité humaine.

La régionale pour l’Amérique latine et la Caraïbe est notre Centrale latino-américaine de travailleurs (CLAT), une organisation latino-américaine et latino-américaniste, fondée à Santiago du Chili le 8 décembre 1954, par 62 dirigeants syndicaux de 12 pays d’Amérique latine et de la Caraïbe. Elle y a gardé son siège jusqu’en janvier 1967, année où elle s’établit au Venezuela.n

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